15 décembre 2009
Bon comme du petit-lait ! - MesMotsCourts culin@ires -
D'UN côté, 4 millions d'usines sur pattes produisant 24 milliards de litres de lait industriel, un océan lacté dont on ne sait plus que faire. 93 000 producteurs qui que déversent des millions de litres de lait dans les champs parce que les cours s'effondrent et qu'ils sont payés des clopinettes. Une Commission européenne qui rachète à tour de bras du lait en poudre (300 000 tonnes dorment actuellement dans ses entrepôts) pour éponger les surplus. De l’autre, pas plus de 50 000 vaches qui fournissent 251 millions de litres de lait, lapés jusqu'à la dernière goutte. Au point qu'il faut appeler à la rescousse les vaches danoises, autrichiennes, britanniques et allemandes... Près de 25 % du lait « bio » que l'on avale en France est importé.
Non seulement les 1 494 éleveurs laitiers bio vendent leur lait jusqu'à la dernière louche, mais, en prime, ils le vendent 25 % plus cher. Question : qu'est-ce qu'on attend pour avoir plus de vaches bio ? D'autant que dans le bio il n'y a pas que le lait qui manque pour répondre à la demande, mais aussi les fruits, les céréales, le vin... Rappelez-vous, c'était au Grenelle de l'environnement, on nous avait promis 20 % de cultures bio en 2020. Deux ans plus tard, on en est à 2,1 % ! Autre objectif claironné à l'époque : garnir les plateaux-repas des cantines scolaires entreprises publiques, hôpitaux..., avec 20 % de produits bio d'ici à 2012. A trois ans de l'échéance, on en est à 0,5 %. Tout ça est vachement logique.
30/09/09
07 décembre 2009
Mange ta pub et tais-toi ! - MesMotsCourts culin@ires -
« LES entreprises agroalimentaires nous alertent sur trois projets de films publicitaires qu'elles contestent vigoureusement, signés de l'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) et prévus pour être diffusés à la télévision. » La bafouille a été adressée le 16 octobre à la ministre de la Santé par la présidente du SNPTV, le syndicat des régies publicitaires des chaînes télé. Elle annonce tout bonnement que les chaînes vont boycotter la nouvelle campagne de l’Inpes. Pourquoi ? Parce qu'elle met en garde contre les produits industriels bourrés de sel, de sucre et de gras. Exemple . dans la salle d'un hôtel, un client goûte son oeuf à la coque et fait la grimace. Il demande du sel au couple à côté. La femme lui tend un paquet de céréales. « Le sel n'est pas toujours là où on le croit », prévient une voix off... Un humour que n'a visiblement pas goûté l'indus agroalimentaire. Cela fait des mois que l'Association nationale des industries agroalimentaires (Anis) se décarcasse pour tuer dans l'oeuf cette nouvelle campagne antimalbouffe. En activant ses relais au ministère de l'Agriculture, ce lobby industriel avait déjà fait monter au créneau le directeur général de l'alimentation, qui s'était fendu d'un courrier à la patronne de l'institut pour exprimer toutes ses « réserves » sur les spots, jugés « anxiogènes, confusants (sic) et très attaquables sur le plan du respect de la concurrence, puisqu'ils jettent l'opprobre sur quelques produits : ketchup, céréales du petit déjeuner et barres chocolatées... ». Mais l'opération de lobbying a échoué : la campagne télé sera quand même diffusée ce mois-ci. Le syndicat de la pub à la télé vient en effet de rétropédaler, par crainte d’une fuite dans la presse, selon les mauvaises langues…
04/11/2009
21 novembre 2009
Les antibiotiques, c'est fantastique - MesMotsCourts culin@ires -
ON sait que les animaux d’élevage sont gavés d’antibiotiques, ce qui, par ricochet, rend les bactéries qui nous cherchent des noises de plus en plus résistantes à ces mêmes antibiotiques. A la lecture du rapport de l'Afssa, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, on découvre que c'est pire que ce qu'on croyait. Selon les derniers chiffres disponibles, ceux de 2007, les animaux de ferme ont avalé pas moins de 1 297 tonnes d'antibiotiques. Soit 87 tonnes de plus que l'année précédente. Curieux : la consommation aurait dû baisser puisque, depuis 2006, les éleveurs n'ont plus droit qu'aux antibiotiques destinés aux soins alors qu'auparavant ils en rajoutaient dans la gamelle dans le seul dessein de booster la croissance de leur bétail. Faut-il en déduire que les braves bêtes sont plus souvent malades ? Ou que pour se rattraper les éleveurs surdosent les traitements ? Prenez les cochons, en 2007, ils ont englouti 8 % d'antibiotiques en plus (soit 699,49 tonnes en tout), alors que leur nombre n'a grossi que de 0,7 %. Mais le bonnet d'âne en la matière revient au lapin. A lui seul, il ingurgite 10,35 % de l'ensemble des sulfamides, tétracyclines et autres fluoroquinolones utilisés dans les élevages industriels. Ce qui en fait, en proportion, le plus gros consommateur. En clair, pour produire un kilo de lapin, comptez sept fois plus d'antibiotiques que pour un kilo de cochon. Et 32 fois plus que pour un kilo de dinde ou de poulet... Il faut dire que les lapins, entassés jusqu'à 20 par mètre carré dans leurs clapiers, sont passés des carottes aux granulés industriels, lesquels leur ont détraqué la flore intestinale. Désormais, si vous tombez malade, plutôt que de vous précipiter dans une pharmacie, mangez du lapin !
15 octobre 2009
LA FOIRE AUX CAVES - MesMotsCourts culin@ires -
Foires aux vins ou attrapage-gogos ? Comme souvent, la réponse est dans la question.
C’est la rentrée et, comme chaque année depuis trente ans, la chasse aux « caves » est ouverte dans les foires aux vins. La pub est là pour les convaincre de faire de bonnes affaires : avant même de boire, ils sont saoulés de slogans, de prix, d'affiches, d'étiquettes, tout est bon et pas cher, alors, les « caves », ils accourent ! Le « cave », on le reconnaît : il gobe tout, se balade sûr de lui avec son guide Hachette ou son supplément du Point sous le bras, pour les plus snobs, le dernier Parker. C'est la ronde des « caves » qui veulent se constituer une cave idéale, avec des belles étiquettes pour faire riche et moderne. L’Horno sapiens éclairé, qui vote là où on lui dit de faire et qui boit ce qu'on lui dit de boire, obéissant et passif.
Pour lui, des kilomètres de linéaires débordent de milliers de références, de bordeaux surtout, le gros morceau de toutes ces foires qui représente 41 % du volume global, c'est dire s'ils en ont des stocks à refourguer, les Bordelais. À les entendre, on pourrait croire qu'ils sont les seuls à faire du vin. Le « cave », ça ne le gêne pas, il aime bien le bordeaux, alors, en voir autant d'un coup, c'est une aubaine.
À la vérité, tout cela est une immense opération de déstockage. Mais là, c'est énorme, l'enjeu est d'écouler le plus possible de vins en un minimum de temps, rentrer de la « fraîche » et, du coup, faire de la place pour les vins à venir. Pas de capital immobilisé, il faut que le fric circule, il n'y a que de cette façon qu'il rapporte. D'ailleurs, ça fait belle lurette que les financiers l'ont compris, ils ont investi en rachetant des châteaux non pas pour faire du vin mieux qu'autrefois, mais pour occuper un créneau porteur qui ne peut se développer qu'au niveau mondial dans la mesure où on en a les moyens, eux, ils les ont.
Il faut fuir ce genre de bazars où les pauvres viennent encore enrichir les très riches. Au contraire, il faut chercher des vignerons qui sauront vous conseiller et vous parler de leurs vins avec sincérité.
Ciao. Jean-Paul Rocher
23 septembre 2009
02 juillet 2009
La cuisine moléculaire est dans les choux - MesMotsCourts culin@ires -
LE chef l'avait promis. Il ne, rouvrirait pas son restaurant avant de savoir pourquoi quarante de ses clients ont, un soir, été terrassés par des vomissements et des diarrhées (et pourquoi 400 autres clients se sont manifestés ensuite en disant avoir souffert des mêmes symptômes). Faut dire que ça la fichait mal : Heston Blumenthal est le patron du « Fat Duck », un 3-étoiles londonien, temple mondial de la gastronomie moléculaire, cette cuisine piquée de chimie qui vous confectionne avec de l'azote liquide du sorbet à la sardine entre autres. Eh bien, « Le Canard replet », classé meilleur restaurant au monde en 2005, a rouvert comme si de rien n'était : on ne connaît toujours pas la cause de l'intoxication. La gastronomie moléculaire se targue pourtant de tout contrôler à la molécule près... Y aurait anguille sous toque ? « Je ne veux pas retourner au restaurant ! », un livre d'enquête qui vient de paraître en Espagne tombe à pic : il s'interroge sur les dangers de la cuisine moléculaire et montre à quel point elle est mondialisée et financée par l'industrie chimique. Il révèle entre autres que la plupart des auxiliaires chimiques utilisés au « Fat Duck » ont été en Allemagne dans un centre de transfert technologique financé par des industriels de la chimie et par l'Union européenne. Réaction du chantre de gastronomie moléculaire, Hervé This, physico-chimiste à l'Inra : « Tous les restaurants connaissent des cas d'intoxication alimentaire. » Avec cette précision : « Ces quarante plaignants ne sont pas significatifs. » En restauration moléculaire, il faut combien de clients au tapis pour que cela devienne « significatif » ?
25/03/09
