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« LES entreprises agroalimentaires nous alertent sur trois projets de films publicitaires qu'elles contestent vigoureusement, signés de l'Inpes (Institut national de préven­tion et d'éducation pour la santé) et prévus pour être diffusés à la té­lévision. » La bafouille a été adres­sée le 16 octobre à la ministre de la Santé par la présidente du SNPTV, le syndicat des régies publicitaires des chaînes télé. Elle an­nonce tout bonnement que les chaînes vont boycotter la nouvelle campagne de l’Inpes. Pourquoi ? Parce qu'elle met en garde contre les produits industriels bourrés de sel, de sucre et de gras. Exemple . dans la salle d'un hôtel, un client goûte son oeuf à la coque et fait la grimace. Il demande du sel au couple à côté. La femme lui tend un paquet de céréales. « Le sel n'est pas toujours là où on le croit », pré­vient une voix off... Un humour que n'a visiblement pas goûté l'indus agroalimentaire. Cela fait des mois que l'Association nationale des industries agroalimentaires (Anis) se décarcasse pour tuer dans l'oeuf cette nouvelle campagne anti­malbouffe. En activant ses relais au ministère de l'Agriculture, ce lobby industriel avait déjà fait monter au créneau le directeur général de l'ali­mentation, qui s'était fendu d'un courrier à la patronne de l'institut pour exprimer toutes ses « ré­serves » sur les spots, jugés « anxio­gènes, confusants (sic) et très attaquables sur le plan du respect de la concurrence, puisqu'ils jettent l'opprobre sur quelques produits : ketchup, céréales du petit déjeuner et barres chocolatées... ». Mais l'opération de lobbying a échoué : la campagne télé sera quand même diffusée ce mois-ci. Le syndicat de la pub à la télé vient en effet de rétropédaler, par crainte d’une fuite dans la presse, selon les mauvaises langues…

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