24 février 2009
DAEWOO FAIT MAIN BASSE SUR LA TERRE
Depuis plusieurs mois, la presse fait largement écho d’un phénomène inquiétant pour des millions de petits paysans ayant toujours vécu dans l’extrême pauvreté et d’autant plus affaiblis par la crise alimentaire mondiale actuelle : le rachat massif de terres agricoles dans les pays du Sud par des Etats tiers et des investisseurs privés. Motifs annoncés : sécuriser l’approvisionnement alimentaire et investir dans une valeur sûre en période de crise.
Au détriment de qui ?
Des populations locales – en particulier des petits paysans – qui ne sont malheureusement pas les bénéficiaires de ces investissements dont les produits sont destinés aux pays d’origine des capitaux. Dans ce monopoly de la terre au niveau mondial, le cas de Daewoo est particulièrement révélateur. En novembre 2008, l’entreprise sud-coréenne annonçait en effet avoir signé dès juillet 2008 avec le gouvernement malgache un accord portant sur l’exploitation d’1,3 millions d’hectares de terres, pour la production de maïs et d’huile de palme à destination de la Corée du Sud. Dans un contexte politique aujourd’hui très tendu à Madagascar, Daewoo et le gouvernement malgache multiplient les déclarations contradictoires, mais les organisations de la société civile malgaches sont particulièrement inquiètes et appellent à la transparence et au respect du droit des paysans à la terre.
Face à cet accaparement des terres agricoles, dont l’Affaire Daewoo est emblématique, et dans un climat de durcissement politique à Madagascar, les organisations de la société civile et la population demandent des réponses claires et précises et en appellent à notre solidarité.
03 février 2009
Mauvaise farce pour le bio ! - MesMotsCourts culin@ires -

LES Français réclament du bio. On va leur en donner, mais ce ne sera pas forcément celui auquel ils pensent. Chaque année, la demande grimpe de 10%. Le pépin, c’est que, derrière, ça ne suit pas avec 2 % des surfaces cultivées chez nous (contre 5% en Autriche, par exemple), on est obligé d’importer la moitié du bio qu’on ingurgite. Heureusement, l’Europe veille au grain. Elle a pondu, en juillet 2007, un nouveau règlement qui vient d’entrer en vigueur ce mois-ci. Désormais, les mêmes règles s’appliquent dans tous les pays. Résultat : en France où l’on avait le haut du panier, on va pouvoir s’offrir du bio allégé. Prenez les cochons, les vaches et les volailles : il fallait produire à la ferme 50 % de ce qu’on leur mettait dans la gamelle. Désormais, on pourra se contenter de 10%. Avant, quand un agriculteur se convertissait au bio, il devait au bout de huit ans, ne plus faire que du bio. Dorénavant, il aura le droit de vendre ses légumes bio tout en en produisant à côté du poulet en batterie. Mieux, on pourra élever du cochon bio sur caillebotis. Vous savez ces dalles en ciment avec la fosse à lisier en dessous à la place de la paille. A condition que cela ne dépasse pas 50 % . de la porcherie. Autre joyeuseté jusqu’à présent le cochon bio, c’était 182 jours minimum avant de l’amener à l’abattoir, désormais, c’est quand on veut. Pour le poulet on passe de 80 à 70 jours (c’est toujours mieux que la volaille en batterie à 45 jours). Côté boîte à pharmacie, ça vaut aussi le détour. Avant, pour les poulets de chair et les poules pondeuses, c’était zéro antibiotique et 1 traitement anti-parasitaire. Maintenant, ce sera 1 antibio et no limit pour les antiparasitaires. Chez les ovins, on rajoute 1 antibio (ce qui fait 3) et autant d’antiparasitaires qu’on veut. L’éleveur de porcs reste à 1 antibio, mais a également carte blanche pour les antiparasitaires. Quant à la vache laitière, ça lui fait 3 antibios au lieu de 2. Enfin, pour les OGM, persona non grata dans le bio, on pourra désormais en trouver trace jusqu’à 0,9 % !
A croire que Bruxelles veut nous rendre verts de rage !
21/01/09