20 janvier 2009
Transgéniquement vôtre !

L’ANNÉE 2008 a été l’année du Rat, 2009 sera celle du saumon transgénique. De Vladivostok à Ushuaia, on s’active pour nous mettre dans l’assiette du poisson génétiquement modifié. Dans une étude qui vient d’être publiée par la revue scientifique « Environmental Science & Policy », une équipe de chercheurs franco-canadiens nous raconte qu’une trentaine d’espèces de poissons, langoustes et autres crevettes jouent actuellement les cobayes. Pour l’instant c’est le saumon qui tient la corde. Le poisson le plus consommé de la planète, avec un chiffre d’affaires mondial qui dépasse les 3,5 milliards de dollars. La firme américaine Aqua Bounty Technologies a eu la lumineuse idée d’introduire dans le patrimoine génétique d’un saumon d’Atlantique un brin d’ADN piqué à un autre poisson, une espèce d’eau froide qui a le don de fabriquer une protéine antigel ». Résultat le saumon, qui d’ordinaire arrête de grandir en hiver, continue sa croissance comme si de rien n’était. Au point d’atteindre son poids de vente deux fois plus vite ! Le hic est que « frankenfish », comme l’appellent les écolos, est élevé dans des cages en haute mer et qu’il pourrait s’échapper — ça arrive souvent dans les élevages —, avec le risque de refiler ses gènes aux saumons sauvages (personne n’a encore réussi à rendre stériles à cent pour cent les poissons génétiquement bidouillés). Et les auteurs de l’étude de rappeler cette amusante simulation si vous plongez 60 saumons transgéniques au milieu de 60000 sauvages, ces derniers disparaissent en 40 générations. Ajoutez à cela que la bestiole est agressive et vorace jusqu’à en être cannibale. Cela n’empêche en rien Aqua Bounty Technologies d’annoncer qu’elle pourrait commercialiser dès cette année aux Etats-Unis, avec le feu vert des autorités sanitaires, son saumon transgénique. Les risques, on s’en fish !
07/01/2009
07 janvier 2009
On est tous chocolat !

C’EST parti, les tartines de pub pour les truffes, ballotins, mendiants et autres coffrets de chocolats « spécial fêtes »... Et ça marche nous ingurgitons toujours plus de chocolat, 7 kilos par an et par personne contre 5,5 kilos il y a dix ans. Mais avec moins de chocolat à l’intérieur, ce que tout le monde semble avoir oublié. Rappelons-le, depuis cinq ans en France, les industriels ont le droit de rajouter dans leurs chocolats 5 % de matières grasses végétales à la place du beurre de cacao. Comme par exemple du beurre de karité, des noyaux de mangue broyés ou de l’huile de palme... Ces substituts leur reviennent cinq à dix fois moins cher que le beurre de cacao. Un petit cadeau décroché auprès de Bruxelles par Caobisco, l’association des industries de la chocolaterie, biscuiterie et confiserie de l’Union européenne où l’on retrouve Nestlé, Suchard, Mars, Cadbury ou Ferrero. Désormais, pour être certain de croquer du « vrai » chocolat, il faut prendre sa loupe pour vérifier que ne figure pas sur l‘étiquette la mention « contient des matières grasses végétales en plus du beurre de cacao ».
Reste encore à ne pas tomber sur une contrefaçon. Il y a un mois, les douaniers de Rungis ont eu l’idée de vérifier le contenu d’un semi-remorque immatriculé en Turquie. Au lieu des «gaufrettes» indiquées sur les documents, les gabelous sont tombés sur 32 832 boîtes de faux chocolats Ferrero, soit plus de 10 tonnes de marchandises contrefaites avec des graisses végétales à gogo, qui devaient nous régaler pour les têtes. Mais on peut toujours compter sur la Répression des fraudes pour dissuader les margoulins. L’année dernière, la DGCCRF a contrôlé lors de son opération spéciale fin d’année 663 boîtes de chocolats. Ce n’est pas beaucoup, mais cela s’est quand même soldé par 21 procès-verbaux et 25 rappels à la réglementation ».
Bonnes fêtes quand même !