Le blog de MesMotsCourts culin@ires

MesMotsCourts culinaires abordent la cuisine au sens large du terme : les produits, le métier, l'art de la table, les terroirs, la gastronomie, les traditions culinaires, les nouvelles tendances...mais vous !!!

30 novembre 2008

Les OGM, c’est la santé

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DÉCIDÉMENT, Monsanto n’a pas de chance avec les rats. Il y a trois ans, des chercheurs décrivaient la mésaventure vécue par 320 rats nourris au MON863, un maïs transgénique qui fabrique son propre insecticide pour zigouiller les coléoptères. Après trois mois de ce régime forcé, les mâles étaient moins costauds, avec des reins plus petits, tandis que les femelles étaient maousses, avec un foie plus gros. Piquée au vif, l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui avait déclaré urbi et orbi que ledit maïs était inoffensif pour la santé, s’était dépêchée de redonner sa bénédiction.

Voilà maintenant qu’on apprend que des souris ayant goûté à un autre maïs transgénique de Mon­santo, le MON810, se sont re­trouvées à la troisième génération sujettes à des difficultés de repro­duction. Plus les pauvres bêtes avaient consommé du MON810, moins elles étaient fertiles. Avec, en prime, des souriceaux rachi­tiques... Heureux hasard le MON810, conçu pour résister à la pyrale, un insecte dévoreur d’épis de maïs, est non grata en France depuis février dernier (suite, entre autres, à la grève de la faim de José Bové). Embargo dont l’agence européenne s’est carrément mo­quée le mois dernier, estimant qu’il n’était fondé sur aucune preuve. Le hic pour le lobby OGM qui s’était réjoui de l’avis de l’Efsa, c’est que l’étude en question n’a pas été bri­colée sur une paillasse par une bande d’écolos forcément irres­ponsables, mais a été réalisée par des chercheurs de l’Université de médecine vétérinaire de Vienne à la demande du ministère de la Santé autrichien. Autant dire, du solide. C’est Monsanto qui doit en avoir ra(t) le bol !

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29 novembre 2008

Pondéral bol : Quand Mars parle d’obésité !

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IMAGINEZ une association de ma­lades luttant contre l’obésité qui or­ganiserait un colloque sur ce grave problème de santé publique (17% des Français sont obèses), avec comme principal sponsor Mars chocolat France. Inimaginable ? Détrompez-vous. L’association «Gros», pour  « Groupe de ré­flexion sur l’obésité et le surpoids », a relevé le gant. A partir de ce jeudi Gros met les petits plats dans les grands pour attirer trois jours durant à l‘Unesco, où elle a loué une salle (15 000 euros), 250 nu­tritionnistes, médecins, psycho­logues. Au menu : des tas de confé­rences et d’ateliers pour nous faire avaler « une nouvelle théorie de l’obésité ». En clair, le sucre et le gras ne sont pas responsables de l’« épidémie » de surpoids. Le nutritionniste Jean-Philippe Zermati, président de Gros, explique ainsi au « Canard » « Il n’existe aucun lien avéré entre l’obésité et une forte consommation de lipides ou de glu­cides ». Ça tombe bien, les barres chocolatées Mars et autres confi­series Bounty, Balisto, M&M’s, Twix  (vous savez les « deux doigts coupe-faim », comme dit la pub) sont bourrées de gras et de sucre. Et le docteur Zermati d’enfoncer le clou « Montrer du doigt l’alimentation n’est plus scientifiquement perti­nent. » Voilà qui va satisfaire les autres sponsors de l’opération le Centre d’études et de documenta­tion du sucre, créé par les bettera­viers, les biscuits LU ou encore le Cniel, l’organisme dont l’une des missions est de valoriser l’image des produits laitiers. Lesquels spon­sors ont payé entre 1 500 et 7000euros pour être plus ou moins visibles (logo dans la brochure, tenue d’un stand ou présence dans les ateliers). Ce qui fait au total 80% des 100 000 euros qu’aura coûté le raout. Tout irait pour le mieux si le ministère de la Santé n’avait refusé de parrainer la manif, au motif que Gros n’arrête pas de taper sur le Programme national nutrition santé (PNNS), qui recom­mande de manger moins gras et moins sucré. Le ministère de l’Agri­culture, qui avait accordé son pa­tronage, a lui aussi fait marche ar­rière, jugeant que ça sentait le roussi.

Heureusement pour Mars, la di­rectrice de l‘Agence française de sécurité sanitaire des aliments, elle, a accepté de venir débattre sur le thème « Obésité et consommation alimentaire quelles relations ? ». Comme on dit, plus c’est gros plus ça passe...

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19 novembre 2008

Une langue bien aiguisée : le louchébem

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Voyage dans les microlangues                           

Bardé de qualités, mais un peu abattu : tel est aujourd’hui le largonji des louchébems ou « jargon des bouchers ». Une langue salée, aux expressions tranchées, mais pas tendre et difficile à saisir maintenant qu’elle n’est plus ensaignée.

SOROSORO : en langue araki, laquelle n’est plus parlée que de huit per­sonnes au Vanuatu, ce mot veut dire souffle, parole, langue et c’est symboliquement qu’il a été choisi par la Fondation Chi­rac pour baptiser son pro­gramme de sauvegarde et de re­vitalisation des langues en danger. Parmi les quelque six mille idiomes aujourd’hui pra­tiqués à travers l’humanité, beaucoup sont en effet menacés d’extinction. Pas seulement dans les archipels mélanésiens : en France même, le louchébem se meurt. Il compte encore cinq à sept mille locu­teurs, de vieux bouchers pour la plupart à la re­traite, qui n’ont plus guère l’occa­sion de s’en payer une tranche.

     A l’origine était le largonji, un des langages à clés de la petite pègre parisienne. Alors que l’argot a son vocabulaire propre, le lar­gonji consiste à se rendre in­compréhensible en déformant les mots français selon une règle immuable : remplacer la consonne initiale par un l, la re­jeter en fin de mot et la com­pléter par un suffixe. Ainsi, « jar­gon » . devient « largonji »  et boucher « louchébem ».

Les « Mémoires » publiés sous la signature de Vidocq nous ap­prennent que, sous la Restau­ration, les voyous appelaient « Lorcefé » la prison de La Force, où pouvait les conduire le vol d’un « larfeuiile » (un « feuillard »,, c’est-à-dire un porte­feuille) s’ils n’opéraient pas en « loucedé » (en douce) dans un « loinqué » (coin). Autant de termes qui auront la vie dure dans le langage populaire, mal­gré la fortune d’autres cryptages comme le cadogan, le javanais ou le verlan. Traduction de “fou » en largonji. Le mot « loufoque » est, quant à lui, entré dans le dictionnaire.

Inaugurés en 1867, les abat­toirs de la Villette vont donner une seconde chance au largonji : les mauvais garçons recrutés dans le quartier pour le métier ingrat de tueur vont apprendre leur mystérieux langage aux ap­prentis bouchers venus de toutes les provinces, qui le diffuseront en­suite en retour­nant s’établir au pays. « Les abattoirs de la Vil­lette, c’était l’Académie française du louchébem », résume David Alliot, qui prépare un ouvrage sur le sujet (« Larpez-vous lou­chébem ? »,, à paraître en 2009 chez Horay). Spécialiste de Cé­line et de Césaire, ce fils de bou­cher est sensible à la poésie étrange de ce parler mal connu. Les études sur le louchébem, très rares, datent pour la plu­part des années 1900, quand Marcel Schwob se passionnait pour le monde des garçons bou­chers au point d’appeler « Lottequem »  son amie Colette. In­terrogeant les vieux bouchers qu’il a pu retrouver. David Al­liot a établi un dictionnaire savoureux.

A première vue, tous les mots devraient commencer par la lettre 1. Mais c’est plus compli­qué. « L’argot des bouchers offre l’étrange particularité d mélanger deux formes de langage explique son lexicographe. Le premier est un jargon profes­sionnel foisonnant, dans lequel un « asticot » est un apprenti vif et remuant, une « belle-mère » une scie et le « pache » un tau­reau (par altération de pacha, qui règne sur un harem). Le se­cond est le louchébem propre­ment dit, comprenant une riche gamme de suffixes en -i, -é, -ès, -em, -as, -ic. -oque, -atte, -qué, -quème, -uche ou –puche. « Les suffixes sont au choix, c’est uniquement en fonction de l’af­finité avec la langue. Par exemple. pour dire « cher », mon père dit lerchem, ma mère dit lerchoque… ». De même, « pa­tron » se dit indifféremment « la­tronpem, latronpatte ou la­tronpuche ». Une femme est une lamfé, mais aussi une « lemme­fuche » ou une « lemmefoque » :là où le verlan ne connaît qu’une forme, « meuf », le louchébem en compte au moins trois, et rien n’interdit d’en forger d’autres. « Le louchébem est plutôt empi­rique et ne marche qu’à la so­norité. En général, si la première lettre ne plaît pas ou ne sonne pas bien, on prend la syllabe. Exemple prix. Si on devait ap­pliquer la règle, on devrait écrire “lripem”. Mais comme le lou­chébem est exclusivement oral, on dit liprem. ». Quant aux mots qui commencent déjà par 1, on leur applique la règle – « les longes » deviennent les « longeluques » - ou bien on se contente de leur donner un suf­fixe : « le lingue » (couteau) se dit alors « linguem ».

Autre force du louchébem, il peut s’appliquer aussi bien au bon français qu’à des termes argotiques qui se trouvent ainsi doublement codés. Les « loulépems », ce sont les poulets, mais pas seulement ceux du vo­lailler... Un « laféquesse », c’est un café, mais on dira aussi un « loirnoque » : un noir. De même, on boira un « louqué de louge­roque » avant d’aller « lissépem (un coup de rouge avant d’aller pisser).

Enfin, le louchébem a la par­ticularité d’allonger les mots les plus simples : « louivème » pour « oui », « loimique » pour « moi », « luctrème » pour » truc », ce qui achève de le rendre hermétique aux non-initiés. Parlé vite, com­pliqué à dessein par des vo­cables à double sens, il est passé rapidement des abattoirs à la boucherie de détail, parce qu’il permettait de communiquer sans être compris de la clien­tèle, Ce qui autorisait quelques arrangements avec la morale. On laisse toujours un peu de « lagrem » (gras) au « lonqué » (un con, un client désagréable), on vend du hotu (viande de mau­vaise qualité) à la « loirpem » (la poire, un ahuri), mais on est « lonbem » (bon) avec la « louet­techem » : une chouette cliente, à ne surtout pas confondre avec une  « crevette », qui est au contraire un client grincheux.

La belle inventivité du lou­chébem ne pouvait que séduire Raymond Queneau, qui, en 1947, l’employa pour un de ses « Exercices de style » : « Un lour­jingue vers lidimège sur la late­formeplic d’un lobustotem, je gaffe un lypétinge avec un long loukem et un lapeauchard en­touré d’un lalongiff au lieu d’un lubanroque,… » Mais le louché­bem entre chez Gallimard au moment où il commence à dé­cliner sur les étals. Les abat­toirs font de plus en plus appel à une main-d’oeuvre immigrée qui a son propre sabir. En 1974, dans un fracas de scandale, ceux de la Villette ferment définiti­vement leurs portes. Bientôt la grande distribution hache menu les bouchers indépendants, qui perdent peu à peu leur folklore.

Il n’en subsiste pas moins un langage succulent qu’il serait dommage de laisser dépérir an cette année 2008, que les Na­tions unies ont décrétée « Année internationale des langues ».

Par sa souplesse et son obscu­rité, le louchébem peut rendre bien des services dans les sphères officielles. Par exemple, pour accueillir le dalaï-lama sans froisser les autorités chi­noises : « Lienvenuebem dans la batriepem de loidroques de l’hommeluche. » Ou pour évo­quer la situation économique sans affoler les milieux d’af­faires : . « Le lonseilcoque des linistremès lonstatecatte que la Lancefrem est en lécessionric, c’est la lerdemuche ! » Mieux que la bangue de bois, l’argot des bouchers : aucun risque de se viander.

                                                                    Professeur Anatra

Petit lexique louchébem

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14 novembre 2008

Nantes : achetez BIO avec l'Hirondelle

hirondelle

http://www.earldelhirondelle.com/

Bonjour,

L’Hirondelle se diversifie dans la vente de produits BIO.. Chaque semaine vous pouvez désormais commander un ou plusieurs paniers de fruits et légumes de saison. Si vous êtes intéressé (merci de bien vouloir nous le préciser par mail) , nous vous ferons parvenir en début de chaque semaine la composition du panier que vous pourrez modifier en fonction de vos préférences. (davantage de légumes, moins de fruits ou vice/versa).

Vous pouvez nous passer votre commande en nous renvoyant un mail à cette adresse, ainsi que votre n° de tél afin que nous puissions déterminer un jour de livraison.

- Panier fruits et légumes :  15 ou 20 euros

- bœuf caissette de 5 kg : 1 rôti, 1 côte de veau, steaks, 1 bourguignon, 1 pot au feu.

- bœuf caissette de 10 kg : morceaux identiques x 2

- poulet : 10 euros pièce

- lapin : 8,50 euros le kilo (12 à 14 euros la pièce)

- agneau : 12euros le kilo (entier ou par demi) 6/7 kg le 1/2 agneau

- steak haché : 11 euros le kg (conditionné par 500 gr)

- saucisses ou merguez : 11 euros le kg (conditionné par 500 gr)

Pour la fin de l'année (commande en novembre - livraison fin novembre)

- foie gras cru : 25 euros le kg

- magret de canard : 12 euros le kilo (1 magret environ 300 gr)

Bonne semaine

L'Hirondelle

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12 novembre 2008

Promotions dans les grandes surfaces et au rayon des farces et arnaques

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TOUCHÈS au portefeuille par la crise, lassés par des mois de hausse des prix — 6,2 %, de septembre 2007 à mai 2008, selon 60 Millions de consommateurs qui a épluché 17 000 étiquettes —, les Français remplissent moins leur chariot. Résultat, une baisse sans précédent du chiffre d’affaires des grandes enseignes environ 4%, selon les dernières statistiques dis­ponibles !

D’où la contre-offensive, depuis la rentrée, des hyper- et super­marchés. A grand renfort de dé­pliants déposés dans les boîtes aux lettres et d’encarts de pub dans la presse, ils promettent d’impi­toyables massacres des prix. Leur arme favorite, la « promotion », , sur une sélection de produits courants. Avec, souvent, des surprises au goût saumâtre.

Dès la fin de l’été, c’est Super U qui a ouvert le tir, en lançant l’opé­ration « prix bloqués. » Puis le « hard discounter » Lidl lui a emboîté le pas, suivi par Carrefour, qui a mis le paquet en augmentant de 40 % son budget de communication sur les prix et les promos. En août, le groupe s’est offert de pleines pages dans les quotidiens pour annoncer des baisses de prix jusqu’à —20% sur 40 produits dont les tarifs se­ront bloqués jusqu’à la fin 2008. Aujourd’hui, l’enseigne annonce « 260 produits baissés-bloqués » sup­plémentaires, mais elle oublie d’in­diquer leur ancien prix. Difficile de jurer qu’ils sont moins chers qu’avant...

          Intrépides explorateurs

La promesse semble tout de même alléchante. A une nuance près : 300 produits en promo ne représentent jamais qu’un centième des 30 000 références présentées par un hypermarché Carrefour Le repérage de ces produits à prix apla­tis tient donc de la chasse au tré­sor.

Armé de pubs déchirées dans les journaux et d’une bonne dose de pa­tience, un journaliste du Canard a tenté cette aventure extrême au Carrefour de Montreuil (Seine­ Saint-Denis) dénicher le plus grand nombre d’articles « baissés-bloqués » dans la jungle des rayons. Bilan trois heures pour repérer un peu plus de... 50 produits, soit 3,5 minutes par article.

Une épopée, par exemple, la quête de cette moutarde Maille en pot de 380 g à 0,80 euro ». Car des moutardes, il y en a des tonnes, y compris chez Maille ! Pots de toutes les tailles, verres à whisky, verres à pied ou à eau, 280 g dans celui-ci, 480 g dans celui-là, et tiens! Tout en bas du rayon, enfin le fameux pot de 380 g. Aucune indication si­gnalant la baisse du prix. Une « promo » incognito...

Ce safari réserve d’autres émo­tions, tout aussi intenses au mi­lieu des 10 mètres de rayon sodas, la « bouteille de Fanta citron est         - victoire ! — annoncée par une af­fichette « baissée-bloquée » «. Sauf qu’elle coûte 1,27 euro, et non 1,08 comme annoncé dans la pub !

Idem pour la boîte de « sar­dines citron-basilic de Saupiquet », dénichée à 1,38 euro, au lieu du 1,01 de la réclame. Quant aux « sacs-pou­belle Han dybag 20 litres », ils sont carrément à 3,08 euros, contre 1,95 comme promis. 58 % de mieux !

Il s’agit — pas de doute — d’erreurs malencontreuses que le client, ré­férences et publicités en main, peut faire rectifier. A condition d’attendre qu’un chef de rayon ou une caissière veuille bien se déranger pour un écart de 50 centimes...

       Epuisants épuisés

    En transformant les courses en jeu de cache-cache, ces opérations commerciales ont un autre avan­tage pour les hypermarchés elles retiennent plus longtemps le client. Et, lorsqu’il est ferré, celui-ci de­vient plus docile. Dans cet Atac (groupe Auchan) du XIII arron­dissement de Paris, la pub sur In­ternet annonçait un rabais de 50 % pour les barquettes « Tortellini pesto Giovanni Rana » ~. Vendues par deux, elles passaient de 11,60 à 5,80 euros le kilo. Une aubaine... introuvable. Du coup, le client alléché se rabat sur un autre for­mat de la marque à 13,52 euros le kilo. Soit 133 % plus cher qu’avec la promotion.

« Très souvent, les articles à prix baissés sont épuisés au bout de quelques jours, confirme un écumeur de promos. Mais les rayons sont toujours bien approvisionnes en produits équivalents fabriqués par l’enseigne. »  Or c’est sur ces «  marques de distributeur » que la marge est la plus confortable…

Ruineuses économies

Parfois, aussi, la promo s’avère carrément plus coûteuse que le tarif ordinaire. C’est l’exemple récem­ment raconté par « Le Canard avec la campagne « prix baissés-blo­qués », Carrefour vendait le Coca 7 % plus cher qu’avant ses belles promesses. Et la Direction locale de la concurrence n’y avait rien trouve à redire. Dans un Géant Casino de 1’Oise, les prix en promo sur les fruits et légumes bio dépassaient largement les tarifs du magasin spécialisé d’à côté. Les vendeurs eux-mêmes en convenaient...

Autre fréquente astuce le sub­til décalage entre l’affichette si­gnalant un produit en promotion et l’emplacement de celui-ci. Le pous­seur de chariot distrait a tôt fait d’attraper la marchandise, non soldée, située sous l’affichette. Encore une maladresse bien involontaire.

En revanche, les surprises ap­portées par les ventes en lot ne doivent rien aux défaillances hu­maines. Le site Internet hausse-des-prix.com, qui photographie les étiquettes, en relève souvent. Ainsi au centre Leclerc de Nice, le paquet de 3 gels douche Ushuaïa est vendu 7,44 euros, alors que 3 flacons achetés séparément coûtent 6,42 euros.

Pourquoi ? Une colle pour le jeu Questions pour un shampoing ».

Isabelle Barré et Jean-François Julliard

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Euro de football 2008 : Plus c’est gros, plus ça passe

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PRENEZ treize stars du ballon rond ­et demandez à chacune d’écrire la recette d’un plat qui ne fait pas grossir. Puis faites-en un livre pour enfants que vous vendez à 12,90 euros dans toute l’Europe. Objectif affiché : combattre la malbouffe et l’épidémie d’obésité infantile (20 % des petits Européens sont en surpoids, et chaque année on ­compte 85 000 enfants obèses de ­plus). C’est la bonne idée que vient d’avoir I’UEFA, l’Union européenne des associations de football. On applaudit des deux mains ce geste du coeur baptisé « Mieux manger pour marquer ».  Pensez, un euro sera reversé sur la vente de chaque livre à la Fédération mondiale du coeur. D’ailleurs, la commissaire européenne chargée de la santé ne s’y est pas trompée. Le 3 octobre, lors du lancement du livre à Bruxelles, elle a loué ce projet. « un investissement pour l’avenir de l’Europe ». Mais, au fait, d’où la richissime UEFA (1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires grâce à l’Euro 2008) tire-t-elle ses revenus ? Pour la moitié, des droits de diffusion télé et pour le reste, essentiellement des sponsors. Et qui trouve-t-on parmi les sponsors de l’Euro 2008 ? On vous le donne en mille: Coca-Cola et McDo. Des parangons de nutrition. Le roi du fast-food avait même participé à la sélection des 682 enfants qui accompagnaient les équipes à leur entrée sur la pelouse. Et comme la Suisse figurait parmi les deux pays hâtes du dernier championnat d’Europe. Ferrero (avec Kinder et Nutella) était aussi de la fête. « En tant que leader européen du secteur de la confiserie 1...), Ferrero est un partenaire idéal pour I’UEFA Euro 2008 », s’enthousiasmait alors le président de l’Association suisse de football. Carton jaune !

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10 novembre 2008

Passe-moi le sel

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RAPPELEZ-VOUS. En 2002, l’Agen­ce Française de sécurité sanitaire des aliments demandait aux industriels de l’agroalimentaire d’y aller mollo sur la salière. En clair, de diminuer d’au moins 20 % la quantité de sel que, sans nous en apercevoir, nous ingurgitons tous les jours (8g en moyenne, alors qu’il n’en faudrait pas plus de 2). Une overdose de sel qui, rappelons-le, provoque chaque année 75000 accidents cardio-vas­culaires, entraînant 25 000 décès. Six ans après le rapport de l’Afssa, et alors que l’objectif des 20 % au­rait dû être atteint l’année dernière, où en est-on ? Pour le savoir, le ma­gazine « 60 millions de consom­mateurs » a passé au crible 357 pro­duits. Bilan l’agroalimentaire, qui met en douce dans nos assiettes 80 % du sel que nous ingérons, a toujours la main aussi lourde. Pre­nez le pain, dont le Programme na­tional nutrition santé nous dit le plus grand bien. La moitié des baguettes et des pains de campagne sont bour­rés de sel. Rien qu’avec cinq-six tar­tines (130 g, la consommation moyenne calculée par les statisti­ciens) vous avalez chaque jour 2,5 g de sel. Ajoutez-y une tranche de jambon cru et vous pouvez prendre jusqu’à 3 g de sel en plus...

Côté fromages, ça n’a pas bougé d’un iota. Le pompon étant pour un bleu d’Auvergne, avec 3,4 g de sel pour 100 g. Et la soupe indus­trielle ? Un simple bol et voilà 2 g de sel. Zéro pointé aussi au rayon des plats cuisinés (sauf pour les raviolis). Le record étant détenu par une choucroute qui plafonne à près de 3 g de sel la portion.

Moralité faute de loi, les in­dustriels se tamponnent le co­quillard des recommandations de l’Afssa. Il faut dire que le sel, c’est bien pratique pour donner du goût aux aliments fadasses. Mais notre ministre de la Santé, Roselyne Ba­chelot, va bien évidemment prendre l’affaire en main, et y mettre son grain de sel...

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09 novembre 2008

Vachement rentable

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SARKO l’a dit, il va « refonder le capitalisme ». Pourquoi pas sur les vaches ? On découvre, dans «Les Echos > (20/9), le dernier truc à la mode pour continuer à gagner de l’argent pendant le krach. Ça fonc­tionne comme une société civile de placement immobilier, sauf que là, ce que vous achetez avec d’autres investisseurs, ce ne sont pas des appartements ou des fonds de com­merce, mais des troupeaux de vaches laitières. Et notre confrère d’expliquer que « ce dividende à quatre pattes a vite fait de faire des petits >, puisque, «en dix-neuf ans, un troupeau double ». Vous sou­riez ? Prenez votre calculette. Un troupeau de 100 Holstein produit chaque année plus de 46 veaux et 40 vachettes, et la moitié d’entre eux revient aux investisseurs. A se partager au prorata de la mise de chacun. Un quadra qui achèterait sur vingt ans une soixantaine de vaches à 1 200 euros pièce serait, à l’heure de la retraite, l’heureux propriétaire d’un troupeau d’une centaine de têtes, avec un complément de revenu annuel de 4 800 euros. Soit un rendement de 4 %. De quoi faire rêver en ces temps de débâcle sur la pierre et les mar­chés financiers. » Mieux le pla­cement sur la vache n’est pas fis­calisé, les animaux étant considérés comme un « bien amortissable sur dix ans ». Voilà enfin l’agriculture devenue un pur produit financier. Et, en cas de crise, pas de pro­blème, le contribuable fera la vache à lait...

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