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        DES carcasses de poulets trempées dans un bain d’eau Javellisée : c’est ce qui nous pend au nez. Pour dé­barrasser leurs volailles des sal­monelles et autres bactéries à gas­tro-entérites, les Américains utilisent joyeusement cette technique de «blanchiment» (sic) à la Javel. La­quelle est interdite en Europe de­puis dix ans, au grand dam des fermiers américains qui trépignent pour nous exporter leurs cuisses de poulet («Conflit», 28/11/ 2007). Dans le rôle du chef cuistot qui rêve de nous fourguer ces poulets à l’eau de Javel, le commissaire européen à l’industrie Günter Verheugen. Le­quel est aussi le coprésident du Conseil économique transatlan­tique. Un bidule mis sur pied en avril 2007 pour «gommer les as­pérités commerciales récurrentes entre l’Union européenne et les Etats-Unis»...

La semaine dernière, lors d’une réunion des 27 ministres de l’Agriculture européens, il s’est trouvé 6 pays (le Royaume-Uni, la Pologne, Malte, la Lituanie, la Slo­vaquie et la Slovénie, qui préside actuellement l’Union européenne) pour approuver du bout des lèvres ~ le «poulet Javel». Chauffée à blanc par Günter Verheugen, la Com­mission européenne pourrait régler la question d’ici au 10 juin, date du sommet Union européenne - ­Etats-Unis. Le commissaire à l’in­dustrie compte bien agiter sous le nez de sa collègue à la Santé (qui s’est prononcée contre) l’avis mi-figue mi-raisin de l’autorité euro­péenne de sécurité des aliments.

Pour l’Efsa, en effet, rien ne prouve que le dioxyne de chlore employé pour laver les volailles a des effets nocifs. On l’accuse de renforcer la résistance aux antibiotiques des bactéries ? Bof, pas sûr, dit-elle. Paraîtrait même que ça donne un goût sympa...